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Témoignages sur la guerre d'Algérie de Georges Oudinot |
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 | HELENE OUDINOT « Tant que les villages n’ont pas été ralliés, on peut dire qu’on a vécu derrière des barbelés à la SAS. il a fallu être gardé jour et nuit pendant un an et demi au moins. Tout dépendait des ordres des “fellagas“ à l’époque ».« S’il y a eu des violences, je pense que - d’après ce que j’ai entendu dire, car personnellement, je ne les ai pas vues — lorsque les soldats trou-vaient un des leurs égorgé, les testicules dans la bouche, ils devenaient fous. Et tout ce qui leur tombait sous la main. ils avaient envie de se venger. C’est ce que je ressens, moi ».« À Béni Douala, les SAS n’étaient pas faites pour le “renseignement“, au contraire, on aurait cassé le boulot » |  |  | DOCTEUR FERNAND GUISEPPI « J’avais été marqué par la défaite de 1940. En arrivant en Algérie, je suis toujours un Français un peu meurtri. Et depuis ça conti-nue »...« Je prends conscience que cette guerre, ce n’est pas de mettre des postes avec des drapeaux bien réguliers qui était important, c’est de conquérir les gens et de leur apporter la sécurité ». « Nous faisons une activité que le FLN ne peut pas faire et ne peut pas critiquer. Et le jeu de la médecine se joue aussi toujours à trois. Il se jouait entre le malade qui avait envie de se faire soigner, la SAS et le FLN qui l’interdisait… plus ou moins ».« Pour le Putsch, je pense qu’ils avaient trop attendu ou que, d’autre part, ce n’étaient pas des révolutionnaires, c’était des militaires. Ils ont fait un truc… Ils ont dit, — au fond leur pensée me semble assez simple — : « On va dire que l’armée n’est pas d’accord et puis voila et ça suffira. » | | REBAI BELAID « Ils ont voulu prendre le capitaine vivant. Je suis resté une heure à me battre avec eux, une heure tout seul… Il me restait une moitié de chargeur sur les huit. J’étais plein de sang, je restais par terre… On s’insultait entre nous. Ils m’insultaient, moi je les insultais. » |  |  | DANIEL DE FUNES « Parmi les appelés, il y avait du racisme, mais comme maintenant, partout. Vous rentrez dans n’importe quel coin de Paris ou de ban-lieue et c’est les mêmes. Vous reprenez tout ça, vous leur mettez une tenue sur le dos, un flingue dans les mains et ça fait des dégâts »« Au bataillon de Beni douala, il y avait des geôles, des cellules, une salle d’interrogatoire. C’est là qu’ils interrogeaient les pauvres gars qui leur tombaient dans les pattes. J’ai fait partie de cet Office de Renseignement, puisqu’il leur fallait quelqu’un qui sache écrire et dessiner, pour dessiner les plans, calquer sur des cartes les endroits des caches, des embuscades. J’ai vu un type attaché, ligoté entre deux poteaux, à qui on a mis des électrodes à certains endroits du corps. Moi j’ai dit : « Non, je n’y vais plus, c’est tout ». J’ai été voir le colonel et j’ai dit : « Moi, je ne veux plus participer à ça, c’est dégueulasse » ; il m’a dit que c’était nécessaire ». | | JANINE BROMBERGER « Georges Oudinot était un personnage tonitruant. C’était un grognard. En parlant aux kabyles, il ne disait pas par exemple : « Ta femme », il disait : « Alors ta bourgeoise, qu’est-ce qu’elle fait ? » et il leur parlait comme ça et ça les faisait rire les kabyles, ça les amusait beaucoup. Et, en même temps, elle fonctionnait formidablement la SAS »« On peut leur dire ceci, cela, aux arabes, jusqu’au jour où ils te disent : « Est-ce que la France va rester ? ». C‘est la seule question, à partir de de Gaulle, à laquelle on ne peut pas répondre. C’est ça l’ambiguïté de l’histoire ! A partir du moment où on ne peut pas leur dire : « Non, on reste ! », eh bien ça commence à flotter, c’est tout. Il y en a un qui a dit à Oudinot un jour : « Il faut se rallier combien de fois pour être rallié »« Le problème, c’est qu’ils se sentaient arabes et musulmans mais ils voulaient continuer à vivre avec une présence française. il y avait quand même deux cent mille arabes dans l’armée française »« Ce qu’il fallait, c’était leur donner des possibilités de ne pas avoir l’air d’être le pau vre type du coin, mais d’être des citoyens comme nous ». |  |  | JEANNE CORDIER « J’avais 19 ans. Je suis restée deux ans à la SAS de 1959 à 1961. Les gosses, quand je suis partie, m’ont écrit, et une m’a écrit : « Depuis que tu es partie, Mademoiselle Jeanne, je pleure comme le soleil en hiver » Vous ne croyez que ce n’était pas beau ça ! des gosses qui ne savaient ni lire ni écrire. Moi je trouve que c’est merveilleux. Mais que sont-elles devenues ces petites, maintenant, je n’en sais rien ». |
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© 2012 Le Destin d’un capitaine, documentaire sur la guerre d’Algérie, d’Alain de Sédouy.
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