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Afghanistan-Algérie: une même stratégie? |
L'actualité de la stratégie mise en œuvre en Algérie par l'armée française de 1956 à 1962 est un modèle pour les conflits actuels, notamment l'Afghanistan.
Nous pouvons le voir à travers les propos du général McChrystal,
commandant en chef de l'armée américaine et des forces de l'O.T.A.N. en
Afghanistan, l'I.S.A.F. que la doctrine française élaborée par nos
officiers de retour d'Indochine et appliquée en Algérie inspire la
stratégie des forces d'intervention dans ce pays. Il faut revoir
l'excellent film documentaire d'Alain de Sédouy, "Le destin d'un
capitaine" qui retrace l'histoire d'une S.A.S. - Section Administrative
Spécialisée - en Kabylie, pour comprendre à quel point la réponse à la
guerre insurrectionnelle mise au point par l'armée française était
pertinente.
Mais l'Algérie n'est pas l'Afghanistan même s'il y a des points communs entre les deux conflits: -
Les insurgés Afghans sont, comme les mouvements indépendantistes
algériens, divisés aussi bien sur les buts à atteindre que sur les
tactiques et les moyens - Ils n'ont rien à offrir à la population sauf le terrorisme et le malheur - Ils opèrent à partir de l'étranger, le Pakistan
L'Algérie,
où nous étions présent depuis plus d'un siècle, c'était la France et
nos officiers des affaires algériennes avaient une connaissance
parfaite des us et coutumes et des langues des tribus. Notons aussi que
les autochtones parlaient peu ou prou le français. Les deux guerres
mondiales et les combats communs avaient aussi créés des liens
Pour
toutes ces raisons la conquête des coeurs était plus facile à partir du
moment où nous offrions le retour à la vie normale. Sécurité,
administration efficace, Une médecine présente, des écoles qui
fonctionnaient, adduction d'eau, routes, marchés approvisionnés,
agriculture sécurisée, etc...
Mais, ce qui sous tend cette
conquête de la population, c'est la maîtrise du terrain. En effet, le
maître mot du retour à la vie normale, c'est la sécurité.
La
maîtrise du terrain par les forces opérationnelles n' a été possible en
algérie que grâce à des unités rompues au combat et valeureuses et
surtout au bouclage des frontières tunisienne et marocaine qui a
confiné les forces F.L.N. à l'extérieur et permis à l'armée française
de remporter une victoire militaire incontestable.
Ce n'est que
le revirement de la politique gaullienne qui a jeté un brouillard sur
la victoire militaire avec tous les malheurs que l'on sait.
Les
forces d'intervention en Afghanistan sont des étrangers opérant dans un
pays peu connu et dont la frontière avec le Pakistan est, d'une part
très longue et très difficile à bouclée et où des deux côtés circulent
des tribus pachtounes incontrôlables, d'autre part.
Cela fait deux différences de taille et qui seront longues et douloureuses à combler.
Les seules questions: le jeu en vaut-il la chandelle? ou encore: quels sont les buts de guerre réels?
Lire l'interview du général McChrystal, commandant en chef en Afghanistan dans "Le Figaro" en suivant ce lien. |